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Présidentielle

Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER) vante le rôle des territoires

Publié le 03/04/2012 • Mis à jour le 04/04/2012 • Par Olivier Schneid • dans : A la une, France

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Bilan énergétique avant construction © Fotolia

Créer un cadre simple adapté aux échelles territoriales, lutter contre la précarité énergétique, mener une politique ambitieuse de rénovation des bâtiments et d’efficacité énergétique des équipements, soutenir de manière transparente les énergies renouvelables, etc. Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER) a présenté mardi 3 avril 2012 « Dix propositions pour la transition énergétique », qu’il verse aux débats en cours de la campagne présidentielle, et à venir des élections législatives.

 

Le Comité de liaison énergies renouvelables (CLER) dresse d’abord un constat : « La France peine à s’engager dans la transition énergétique, en œuvre de longue date dans plusieurs pays européens qui en mesurent actuellement les avantages : recul du chômage, développement local et floraison des petites et moyennes entreprises, excédent du commerce extérieur. »

S’il ne cite aucun Etat, l’Allemagne est clairement visée. Il observe aussi que des « choix cohérents » ont été opérés notamment grâce au Grenelle mais regrette qu’ils soient appliqués « sans rigueur ».

Une transition attractive et équitable - Il dénonce ainsi :

  • « un manque de moyens pour l’efficacité et l’économie d’énergie »,
  • « un blocage partiel de l’éolien terrestre et du photovoltaïque »,
  • « une définition insuffisante des compétences locales et régionales »
  • ou encore la politique financière des monopoles nationaux « tout-puissants » de distribution du gaz et de l’électricité.

Et il propose dix mesures pour « engager la société dans une transition énergétique attractive et équitable ». Celles-ci « impliquent toute la société, citoyens, entreprises, collectivités locales ».

Région et bassin de vie au cœur du dispositif - Il faut déjà « redonner aux territoires la maîtrise de leur énergie », plaide le CLER. En jugeant que l’énergie « doit être un élément structurant de l’organisation des collectivités locales » et en mettant en avant la région et le bassin de vie.

Concernant ce dernier, « il ne s’agit surtout pas de constituer une strate supplémentaire et il n’y a pas de recette unique, précise le directeur du CLER, Raphaël Claustre. La maille idéale est l’intercommunalité mais elle peut parfois se situer ailleurs. En tout cas, la question de l’énergie doit être traitée là où l’on vit, elle n’est pas administrative. »
De son côté, la région « a un rôle très fort à jouer, poursuit-il. Car, située juste en-dessous de l’Etat, c’est elle qui peut faire travailler ensemble tous les niveaux inférieurs. »

La logique rural/urbain - Il vante aussi le concept de « territoires à énergie positive », promu par le CLER à travers un réseau. Des territoires « dont les besoins ont été réduits au maximum et sont couverts par les énergies renouvelables locales, selon les principes de la démarche négaWatt », en laquelle le CLER se reconnaît.
Raphaël Claustre cite en exemple la communauté de communes du Mené (Côtes d’Armor), la Biovallée (Drôme) ou encore le Pays Thouarsais (Deux-Sèvres).

De tels modèles locaux peuvent-ils, démultipliés, former une politique énergétique nationale ? « Il serait intellectuellement malhonnête d’appliquer à la zone urbaine la notion d’énergie positive sur un territoire, concède-t-il. Mais on peut concevoir d’un côté des territoires ruraux exportateurs et de l’autre des territoires urbains et des zones denses importatrices d’énergie pour que l’ensemble du pays soit 100 % renouvelable. »
Une « logique de solidarité rural/urbain » donc, à l’image de l’agroalimentaire.

Atouts locaux, cohérence nationale - Le projet du CLER se fonde ainsi sur une organisation décentralisée dans laquelle chaque territoire met en valeur « ses compétences, son histoire et sa géographie, mais dans une cohérence nationale », précise Raphaël Claustre.
Une telle architecture doit permettre de mettre en œuvre avec succès des mesures d’efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment, de maîtrise de l’énergie – « dont il faudrait cesser de dire que c’est le préalable à tout si c’est pour finalement ne rien faire », lâche-t-il – et de développement des énergies renouvelables.

Chaque candidat doit y trouver son compte - « Au-delà de la campagne présidentielle, on vise celle des législatives, indique Raphaël Claustre, car dans une démocratie parlementaire, théoriquement, c’est le Parlement qui fait le travail »…
Et il espère convaincre les futurs candidats à la députation des « changements indispensables » pour un nouveau modèle énergétique.
Le profil idéal ? « Par exemple, quand on parle d’économie et de compétitivité industrielle, l’UMP et le PS peuvent s’y retrouver ; sur les questions environnementales, EELV ; sur la précarité énergétique, le Front de gauche ; en matière de décentralisation, EELV a une tradition plus forte mais le PS a aussi pris des positions intéressantes et osées »…

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