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Le foisonnement des baromètres : leurs avantages et leurs inconvénients

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Le PIB ne suffisant pas à mesurer la richesse, d'autres indicateurs ont été créés, principalement depuis les années 1990. Présentation de leur signification, et de leurs différences.

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Cet article fait partie du dossier

Mettre fin à la « dictature du PIB » par de nouveaux indicateurs de richesse

 

On distingue les indicateurs en fonction de leur cible : sociale, économique ou écologiques. De leur méthode de conception, aussi : imposés « d’en haut » par des experts ou via la participation des citoyens.
Certains servent à interpeller ou à comparer, d’autres ont pour vocation de suivre une évolution dans le temps.
Il existe également différents indicateurs suivant l’échelle : territoriale, nationale ou mondiale.

En 2003, l’Institut international du développement durable recensait 300 indicateurs. Un foisonnement bénéfique car il n’existe pas de thermomètre idéal permettant de prendre en compte toutes les facettes de la « richesse », une notion ô combien subjective !

1 – Le produit intérieur brut (PIB)

L’économiste américain Simon Kuznets est l’inventeur, au début des années 1930 du PIB. A l’époque, sa mission consistait à mesurer l’effet de la Grande dépression de 1929 sur l’économie des Etats-Unis. Aujourd’hui, le PIB sert à mesurer la valeur totale de la production d’un pays, c’est-à-dire l’ensemble de ses activités économiques, qu’elles proviennent des entreprises ou des administrations publiques. A noter que le Produit national brut (PNB), est, lui « national » parce qu’il est le reflet de l’argent généré par les résidents du pays considéré, mais il n’est pas « intérieur » parce qu’une partie est produite à l’étranger. En France, c’est l’Insee qui est chargée de calculer notre PIB.

Les + : Le PIB est un indicateur économique pertinent pour juger de l’accroissement de la production dans un pays.

Les – : Cet indice focalise désormais toutes les critiques. S’il était en phase avec les préoccupations de l’après-guerre et l’époque des Trente Glorieuses, il ne reflète plus la complexité du réel. Pire : au fil du temps, il a été érigé en étalon de richesse. Quant à la croissance, elle est devenue étalon de progrès. Or, comme l’avait souligné Simon Kuznets lui-même (!), le PIB ne permet pas de mesurer le bien-être individuel ou collectif.
Par exemple, la destruction des forêts tropicales pour y planter du soja transgénique est bonne pour le PIB, alors que c’est une catastrophe sur le plan écologique et pour les peuples indigènes. Le PIB est ainsi indifférent à la nature de l’activité génératrice de revenus : vente d’armes ou d’antidépresseurs, accidents de la route, marée noire… tout est bon pour lui !

De même, un pays peut posséder un patrimoine naturel, culturel ou social considérable mais, s’il ne l’exploite pas pour générer un revenu monétaire, il est considéré comme pauvre suivant cet indicateur qui ne comptabilise que les flux.
Inversement, si un pays surexploite, dégrade et même détruit ce patrimoine, le PIB n’en rend pas compte.

Autres inconvénients : de nombreuses activités qui contribuent au bien être ne sont pas comptées dans le PIB, comme le bénévolat et le travail domestique.

Le PIB et la croissance sont également indifférents au fait que l’on puise, par exemple, dans les ressources naturelles pour croître. Indifférents également aux inégalités. Conclusion sans appel de Jean Gadrey et Dominique Meda : « le PIB ne fait ni le progrès, ni le bonheur ! ».

2 – L’indice de développement humain (IDH)

Cet indicateur alternatif au PIB est le plus connu et le plus ancien. Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en est à l’origine. L’IDH a été conçu par deux économistes : l’Indien Amartya Sen et le Pakistanais Mahbub ul Haq.

Depuis 1990, chaque année, le Pnud publie son Rapport pour le développement humain actualisant cet indice composite qui mesure les réalisations moyennes des pays (187 en 2011) dans trois aspects fondamentaux du développement humain :

  1. la santé : une vie longue et saine.

  2. l’éducation : un accès aux connaissances (durée moyenne et attendue de scolarisation). 

  3. le revenu : un niveau de vie décent.

Les + : L’IDH est le premier indicateur à avoir souligné que les individus et leurs capacités devraient être le critère ultime d’évaluation du développement d’un pays, et non la croissance économique seule. Sa diffusion mondiale a connu un énorme succès car il est immédiatement intelligible.

Les – : Cet indice est « grossier », mais tout autant que le PIB, afin justement de pouvoir les comparer « en un seul coup d’oeil » et ainsi de changer les regards. L’objectif étant que l’on considère davantage « l’être » et non « l’avoir ».
De même, il est rudimentaire. Le Pnud a d’ailleurs, par la suite, publié d’autres indicateurs permettant d’affiner son approche et a actualisé l’IDH en 2010.

Enfin, il est peu adapté aux pays développés et il ne permet pas, comme le PIB, de donner l’alerte face à un danger comme l’épuisement de ressources naturelles essentielles ou la survenue d’une crise financière majeure.

3 – Les autres indicateurs du Pnud

A l’occasion du 20ème anniversaire de son rapport annuel, le Pnud a élaboré trois indices composites complémentaires afin de couvrir certaines des dimensions manquantes de l’IDH :

Indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI) :

L’IDHI est une mesure du développement humain des individus dans une société qui tient compte des inégalités. L’IDH d’une personne « moyenne » dans une société est inférieur à l’IDH global lorsqu’il y a une inégalité dans la distribution de la santé, de l’éducation et du revenu.
Etant donnée la montée des inégalités et les méfaits qu’elles engendrent, le Pnud invite à réfléchir pour savoir s’il faudrait remplacer l’IDH par cet indicateur ajusté aux inégalités.

Indice d’inégalité de genre (IIG) :

L’IIG reflète les désavantages pour les femmes dans trois dimensions : santé reproductive, autonomisation et marché du travail. Il indique la perte de développement humain due aux inégalités entre les réalisations des femmes et des hommes dans ces dimensions.

Indice de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) :

L’IPM est basé sur le nombre moyen de privations auxquelles est confronté un ménage. Et ce, en fonction de trois dimensions : santé (nutrition et mortalité infantile), éducation (années de scolarité et enfants inscrits), enfin, niveau de vie (combustible de cuisine, toilettes, eau, électricité, sol, biens).

Les + : Cette réforme a permis de prendre en considération certaines des critiques émises contre l’IDH afin de renforcer sa pertinence et de tenir compte de l’évolution de nos sociétés confrontées à de nouveaux défis.

Les – : Ce nouveau tableau de bord laisse cependant de côté des thématiques capitales comme les libertés, la durabilité et l’équité ou encore l’autonomisation.

4 – Le baromètre des inégalités et de la pauvreté (BIP 40)

Apporter une meilleure connaissance de la pauvreté et des inégalités de la société française, tel était l’objectif du Réseau d’alerte sur les inégalités (RAI) inventeur, en 2002, du BIP, acronyme inversé du PIB, auquel est ajouté le nombre 40, en écho à un autre indicateur dominant dans les sphères financières, le CAC 40. Convaincu que la question de la pauvreté ne se résumait pas à un indicateur unidimensionnel tel que le taux de pauvreté monétaire, équivalent à la part des personnes vivant avec moins de 60 % du niveau de vie médian, le RAI a conçu le BIP40, indicateur multidimensionnel, qui se compose de 58 variables regroupées en six grandes dimensions : santé, logement, éducation, justice, travail et emploi, enfin, revenus.

Les + : Ce nouveau baromètre a permis d’attirer l’attention sur les inégalités et la pauvreté, y compris dans leur dimension non monétaire.

Les – : Comme tout indicateur synthétique, le BIP 40 repose sur des statistiques existantes, or le Réseau d’alerte sur les inégalités s’est trouvé confronté à la mauvaise qualité du système statistique français pour tout ce qui touche à la pauvreté et aux inégalités. De même, le choix des variables est subjectif.

Conscient de cet écueil, le site Internet du BIP 40 propose aux Internautes de pondérer leur indice, en décidant, eux-mêmes, du poids à donner aux expulsions, au chômage, aux inégalités de revenus ou à la pauvreté.

5 – L’empreinte écologique

C’est le plus célèbre des indicateurs synthétiques en matière d’environnement. Conçu dans le courant des années 1990 au sein de l’Université British Columbia, l’empreinte écologique mesure la surface minimale d’hectares de terre dont une population humaine a besoin pour produire les ressources qu’elle consomme et assimiler les déchets qu’elle produit.

Cet indicateur permet de donner l’alerte : pour la première fois, l’humanité est en situation de dépassement écologique. La demande annuelle en ressources dépasse ainsi la capacité de régénération de la terre.

Aujourd’hui, l’humanité utilise l’équivalent de 1,3 planète chaque année. Cela signifie que la terre a besoin d’un an et quatre mois pour régénérer ce que nous utilisons en une seule année. Et si le monde vivait comme aux Emirats Arabes Unis, pays dont l’empreinte écologique individuelle est la plus élevée au monde, devant les Etats-Unis, nous aurions besoin de 4,5 planètes.

Les + : Sa capacité à agréger une multitude de données suivant un mode de calcul très complexe en une seule unité de mesure facile son appréhension par le public, permettant ainsi de populariser l’idée de soutenabilité écologique. D’autant plus que l’empreinte écologique impute l’impact lié à la production de biens aux consommateurs et non aux producteurs.

Les – : Inévitablement, ce savant mode de calcul nécessite des approximations et ne prend pas en compte directement les pollutions chimiques et nucléaires, les ressources en eau, ou l’impact des activités humaines sur la biodiversité.

6 – Le produit intérieur doux (PID)

C’est au Québec que ce le PID a été imaginé. Tout commence en 1997 lors d’un Parlement de la rue organisé pour débattre d’une réforme de l’aide sociale. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté propose au ministre des finances de rencontrer des personnes vivant dans la pauvreté. C’est ainsi qu’est constitué le Carrefour des savoirs.

S’y croisent des experts des finances et l’expertise des plus pauvres habitants de cette province du Canada. Ces derniers prennent conscience que seuls les échanges monétaires sont comptabilisés, laissant de côté les richesses produites par exemple par les personnes sans emploi ou les retraités. Devant cette brutalité, est créé, en 1999, le produit intérieur… doux.

Les + et Les – : Le PID n’est pas un indicateur stricto sensu, mais une démarche visant à provoquer le débat public autour de cette question : « Qu’est ce qui compte vraiment pour vous ? »

7 – L’indice vivre mieux

Il a été conçu, au printemps 2011, par l’Organisation européenne de coopération économique (l’OCDE). Il permet à chacun de mesurer et de comparer sa propre qualité de vie au sein de 34 pays sur la base de 11 dimensions auxquelles on peut accorder un poids variable :

  • logement ;
  • revenu ;
  • travail ;
  • communauté ;
  • éducation ;
  • environnement ;
  • gouvernance ;
  • santé ;
  • bien-être subjectif ;
  • sécurité ;
  • enfin, conciliation travail et vie privée.

8 – L’indicateur de bien-être économique (IBEE)

Cet indicateur est la moyenne de quatre indicateurs synthétiques portant sur les flux de consommation courante ; l’accumulation nette de stocks de ressources productives ; la répartition des revenus, les inégalités et la pauvreté économiques ; enfin, le degré de sécurité ou d’insécurité économique.

Florence Jany-Catrice et Stephan Kampelmann l’ont appliqué à la France.

9 – Le coefficient de Gini

Le coefficient de Gini est un outil de mesure des inégalités dans la répartition des revenus, ainsi que des richesses et du patrimoine, développé par Corrado Gini, un statisticien italien du début du XXème siècle.

10 – L’indice de santé sociale américain (ISS)

L’ISS a été élaboré par deux sociologues dans les années 1990 afin de compléter le rapport sur l’état de l’Union, présenté annuellement au Congrès américain, basé uniquement sur des indicateurs économiques et financiers.

11 – L’indicateur de progrès véritable (IPV)

L’IPV ajoute au PIB ce qu’il ne compte pas et qui pourtant crée de la richesse, tels le travail domestique ou le bénévolat, et lui retranche la valeur estimée des richesses naturelles perdues (destruction des ressources non renouvelables ou pollutions) et des dégâts sociaux (chômage, délinquance, maladies, etc.).

12 – L’indice du bien-être durable (Ibed)

L’Ibed est calculée de la façon suivante : on ajoute la consommation marchande des ménages aux services du travail domestique et aux dépenses publiques non défensives, auxquels on retranche les dépenses privées défensives, les coûts des dégradations de l’environnement et la dépréciation du capital naturel. Enfin, on ajoute la formation de capital productif. Dernière opération : ce calcul est ensuite corrigé par le coefficient de Gini afin de tenir compte des inégalités.

13 – L’indice planète vivante (IPV)

L’IPV permet de prendre en compte une donnée absente dans l’empreinte écologique et pourtant majeure : la biodiversité.
L’IPV synthétise un ensemble d’informations relatives à l’évolution de la biodiversité mondiale à partir du suivi, depuis 1970, de plus de 5 000 populations mondiales représentant 1 686 espèces de poissons, reptiles, mammifères et amphibiens du globe. Mais le règne végétal ainsi que les insectes sont ignorés.

14 – L’empreinte eau et carbone

Ils ont été développés afin de pallier les limites de l’empreinte écologique. L’empreinte eau retrace ainsi la quantité d’eau incluse dans les marchandises consommées. Par exemple, il faut 16 000 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. S’agissant de l’empreinte carbone, la part d’émission de CO2 liée à la consommation française était, en 2005, de 9 tonnes par habitant.

15 – Le bonheur national brut (BNB)

Le bonheur national brut est un programme conçu, en 1972, par le roi du Bhoutan. Objectif : développer l’économie de ce petit Etat perché dans l’Himalaya dans le respect du bouddhisme.
Le BNB s’articule autour de quatre piliers : un développement économique équitable et durable ; la préservation des valeurs culturelles ; la protection de la nature : enfin, la bonne gouvernance.

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