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Mettre fin à la « dictature du PIB » par de nouveaux indicateurs de richesse

Publié le 11/04/2012 • Par Aude Raux • dans : Dossiers d'actualité

« Le PIB ne fait pas le bonheur » : si cet indicateur économique est pertinent pour mesurer l'accroissement de la production d'un pays, il est de plus en plus contesté pour juger de l'état de bien être d'une population. Le cap de nos sociétés est ainsi fixé en fonction d'une boussole figée sur « l'avoir ». Pour tenir compte de « l'être », de nouveaux indicateurs sont développés à l'échelle globale, et même locale.

Fini la quête de « l’augmentation du PIB coûte que coûte » ! Depuis le 18ème siècle, comme l’a démontré le sociologue et économiste allemand, Max Weber, nos sociétés sont structurées par l’impératif et la dynamique de la croissance. Mais la multiplicité des crises, non anticipées, ou qui n’ont pu être jugulées à temps, conduit à penser qu’il serait temps de changer de baromètre.

La plus célèbre alternative au PIB est l’Indicateur de développement humain (IDH) conçu en 1990, par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Plus proche de nous : la mise en place, à l’initiative du président de la République Nicolas Sarkozy, de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, plus connue sous le nom de Commission Stiglitz, chargée, en 2008 d’ « engager une réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives ».

Un thermomètre qui rend malade – Pour Patrick Viveret, philosophe, économiste, ancien conseiller à la Cour des comptes et auteur, notamment, de Reconsidérer la richesse (1), « le PIB est un thermomètre qui rend malade ».
Pour preuve : « les marées noires ou les accidents de la route sont comptabilisées positivement comme des flux monétaires alors, qu’inversement, quantité de richesses ne sont pas considérées comme telles, bien qu’elles soient vitales : le temps passé avec les proches, le temps des activités citoyennes et démocratiques, le temps domestique ». Or, dans notre société, ce qui n’est pas compté finit souvent par ne plus compter…

« Le PIB, poursuit-il, ne s’intéresse pas davantage à la manière dont la contribution à la production, et les revenus issus de celle-ci, sont répartis entre les membres de la société. Il ne donne donc pas de signaux sur d’éventuels facteurs de décohésion sociale. De même, il ne prend pas en compte les dégâts engendrés à l’occasion de la production, les atteintes au patrimoine collectif, notamment naturel. »
En résumé, « le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », dixit l’homme politique américain Robert Kennedy.

Les régions avancent groupées – Les collectivités territoriales, elles aussi, s’attèlent à repenser la richesse. Plusieurs d’entre elles développent de nouveaux indicateurs à l’échelle de leur territoire. Certaines ont même fait appel à la participation des habitants, dans le cadre de conférences citoyennes, afin de leur poser cette question : « qu’est-ce qui compte le plus pour vous ? ».
L’enjeu étant « d’échapper à la dictature du PIB », comme l’explique Myriam Cau, deuxième vice-présidente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais en charge du développement durable, de la démocratie participative et de l’évaluation.

Cette région est la première à avoir transposé, en France, les indicateurs mondiaux de développement humain au niveau local. Une initiative accueillie avec enthousiasme par l’Association des régions de France (l’ARF) qui, en 2011, a créé un groupe de travail afin de concevoir d’autres indicateurs que le PIB, communs aux 22 régions.

Mesurer la « soutenabilité de la société » – La crise financière, économique, sociale et écologique aura peut-être au moins le « mérite » de re-questionner notre modèle de croissance.
Pour la sociologue et philosophe Dominique Meda, auteur notamment de Qu’est-ce que la richesse ? (2) il y a urgence, car « la croissance s’accompagne aujourd’hui de pollutions et d’émissions de gaz à effets de serre remettant en cause le caractère habitable de notre planète, qui est pourtant notre première richesse sans laquelle les autres deviendront inutiles. »

Cette chercheuse, spécialiste de la question des indicateurs milite pour que l’on « complète le PIB par deux indicateurs majeurs de « soutenabilité de la société » : celui de santé sociale, mesurant le degré de cohésion d’une société, et celui de la qualité du patrimoine naturel. Si l’on tente de comprendre ce qui peut détruire une société, on trouve en effet ces deux grands facteurs : la décohésion sociale, due par exemple à une guerre civile ou des inégalités trop fortes, et la disparition, sous le coup d’une pollution majeure. »

La « soutenabilité » est une notion chère à Jean Gadrey, professeur émérite d’économie à l’Université Lille 1, membre à la fois de la commission Stiglitz et du Forum pour d’autres indicateurs de richesses (FAIR) et auteur notamment de Les nouveaux indicateurs de richesse (3) avec Florence Jany-Catrice.
Cette dernière, économiste, professeur à l’université de Lille1, chercheuse au Clerse-CNRS propose de concevoir un indicateur composé de deux principaux volets, dont les évolutions ne peuvent pas se compenser. « Car il n’y aurait pas beaucoup de sens à se doter d’un indicateur qui envisage de compenser des destructions environnementales par des progrès en matière de cohésion sociale. »

La richesse : notion statistique ou débat de société ? – Mais qui est légitime pour définir ce qu’est une société riche ? Les experts et les Prix Nobel d’économie, à l’image de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi ? Ou les citoyens, dans une logique de débat démocratique et collectif, tel que le souhaite Fair, ce forum mis en place au lendemain de cette commission « en chambre » pour reprendre l’expression de Patrick Viveret ?

Le bien être étant une notion particulièrement subjective, pour Dominique Meda, « il ne peut s’agir que d’une représentation de citoyens. J’imagine des conférences locales où les Français, tirés au sort, choisiraient les indicateurs. Deuxième étape : l’organisation de plusieurs débats au Parlement. Ce processus devrait avoir lieu en parallèle dans tous les pays du monde. Puis, une instance internationale, type ONU, en ferait la synthèse. »

Florence Jany-Catrice défend, elle aussi, une approche participative des citoyens, notamment au niveau européen, afin de démocratiser les indicateurs d’Eurostat. Et de citer en exemple les « pertinentes critiques émises par les participants à la conférence citoyenne, réunie pour débattre du programme « Indicateurs 21 » mis en oeuvre par la région Nord-Pas-de-Calais, sur une question a priori technique. Le problème des experts, c’est qu’ils sont empreints de tous leurs présupposés, surtout dans le domaine des sciences sociales. Il est essentiel d’imbriquer davantage les expertises citoyennes et politiques. »
Pour ce faire, le forum FAIR ambitionne de développer l’éducation populaire pour renforcer la démocratie, afin de qualifier avant de quantifier.

Florence Jany-Catrice met cependant en garde : « évitons de partir à la quête de l’indicateur « baguette magique » : il n’existe pas ! Impossible en effet d’épuiser toutes les questions que l’on se pose sur la finalité de nos sociétés. Impossible de répondre à toutes les questions essentielles par des indicateurs quantitatifs. Ils ne peuvent que se limiter à évaluer la solidité de notre démocratie, la protection sociale, les liens sociaux et la préservation de l’environnement. Attention également à ne pas faire de ces indicateurs, comme avec le PIB actuellement, de nouvelles icônes. Enfin, le danger est grand de vouloir tout compter : à partir du moment où l’on quantifie, il y a risque d’instrumentalisation. »

Conclusion : « nous sommes dans une période de transition sur la question du « au-delà du PIB ». A quand l’étape du « au-delà des comptes » ? »

Notes

Note 01 Editions de l’Aube. 2002 Retour au texte

Note 02 1999. Champs Flammarion. Reparu sous le titre Au-delà du PIB. Pour une autre mesure de la richesse. 2008. Même éditeur. Retour au texte

Note 03 2005. Editions La Découverte Retour au texte

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Commentaires

Mettre fin à la « dictature du PIB » par de nouveaux indicateurs de richesse

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Laure Singla

12/04/2012 10h46

Les vieilles légendes amérindiennes parlent de la prophétie des feus; où un jour des hommes de toutes les couleurs s’uniront pour créer une nouvelle société…et allumeraient ainsi un huitième feu , celui de la paix et du respect des cadres de vie.
Le grand Chef Seattle Bull aurait dit que le symbole de l’homme blanc reste le cadre, symbole de ce qui limite le champs d’action et dont les arêtes du temps détruisent le temps et la qualité de l’homme blanc et le rende prisonnier de ses propres valeurs…
Une nouvelle gouvernance mondiale doit voir le jour avec pour point d’ancrage central, l’environnement, cercle de vie symbole de l’unité autour duquel chaque démarche politique, sociale et culturel doit tourner.
Une résistance par l’éducation , le respect aux autres et l’abandon des démarches hasardeuses et dangereuses sur les marchés va se mettre en place mais face à cette nouvelle peur , de nouveaux gardes -fous doivent se mettre en place pour que le basculement vers une nouvelle société éco-mixte basée sur des échanges économiques harmonieux se passe en douceur.
Plus de 70 ans aprés Jean Moulin doivent resurgir les concepts de prudence et de patience mais aussi de perséverance. A nous de former les enfants d’aujourd’hui à devenir ces hommes et femmes éco-nationaux de demain.
Laure Singla.PDG SASU JURIS ECO CONSEIL

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