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Présidentielle

L’historien de l’éducation Antoine Prost pour la suppression de la semaine de quatre jours à l’école

Publié le 19/03/2012 • Par avec l'AFP • dans : France

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Antoine Prost, historien de l'éducation, attend du futur président de la République qu'il supprime la semaine de quatre jours à l'école primaire et qu'il rétablisse une formation des enseignants à partir des stages, en veillant à une bonne gouvernance du système éducatif.

 

Qu’attendez-vous du président après son élection?

La priorité numéro un, c’est d’en finir avec la semaine de quatre jours dans le primaire. Il n’y a pas de mystère, cet enseignement ne peut pas être efficace : avec 140 jours de classe, contre 180 à 200 dans les autres pays, on est nécessairement perdants.
Et on ne peut pas organiser l’enseignement en faisant l’impasse complète sur les possibilités réelles d’attention et d’acquisition des savoirs des élèves de 6 à 11 ans.
C’est une entreprise de démolition de l’école : on continue à soigner les cancers avec de l’aspirine.

Sur le constat, tout le monde est d’accord. En 2002, un rapport des inspections générales concluait que la semaine de quatre jours était la pire des solutions. Or, c’est précisément ce qui a été fait !
Vous n’avez pas une entreprise qui, ayant commandé un rapport d’audit interne, fait le contraire de ce qu’il propose. C’est un mode de gouvernance insensé ! Pour moi, le plus efficace, ce serait 5 jours à 5 heures par jour.

La deuxième priorité, c’est de rétablir une formation des maîtres à partir des stages, mais cela suppose des créations de postes. François Bayrou, qui affiche cette volonté sans créer de postes, je ne sais pas comment il fait.

Que devra faire le président en premier ?

Ces deux choses-là, mais pendant la fenêtre d’opportunité qui suit l’élection, en juin-juillet, quand il bénéficie d’une légitimité incontestée. Il faudra dire ‘On rétablit une année de formation professionnelle, on modifie les rythmes scolaires’, et après décider des modalités.
Si l’on temporise, cela ne se fera pas. A l’automne, les difficultés vont commencer.

François Hollande a dit clairement que 140 jours de classe dans l’année, ce n’est pas suffisant. Mais j’aurais aimé qu’il annonce de façon plus catégorique une modification dès la rentrée prochaine, parce que je crains que la grande consultation qu’il a annoncée ne s’enlise.

Quant aux IUFM, ils avaient une méthodologie précieuse de préparation, de suivi et d’exploitation des stages : il ne faut pas attendre que leur savoir-faire ait complètement disparu !

Ce que le président ne devra surtout pas faire ?

Il ne faut pas se tromper de discours, ni de gouvernance, vis-à-vis des professeurs comme de la hiérarchie de l’Education nationale. Les enseignants aujourd’hui sont à la fois en colère, aigris et démotivés.
Il faut leur tenir un discours juste, en finir avec les rapports autoritaires et expliquer. L’idée de Nicolas Sarkozy de faire rester les professeurs plus longtemps au collège et au lycée n’est pas en soi une mauvaise idée.
Mais cela n’a de sens que si cela correspond à une modification du rapport pédagogique. Et s’il y a des locaux pour ça. Sinon, cela apparaît comme une brimade.

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