Eau et assainissement

Eau potable : un litre sur quatre n’arrive pas au robinet

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités

Un taux de fuite du réseau de distribution d’eau de 24 %, un rythme extrêmement lent de renouvellement du patrimoine, dont la connaissance et la gestion sont jugés passables : tels sont les principaux enseignements du premier rapport publié mercredi 14 mars 2012, dans le cadre du Forum mondial de l’eau de Marseille, par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.

« Un litre sur quatre est perdu avant d’être distribué au robinet », constate Odile Gauthier, directrice de l’eau et de la biodiversité au ministère de l’Ecologie. Les 850 000 km de canalisations affichent un rendement moyen de 76 %, qui masque des extrêmes allant de 50 % (Aisne, Var) à 96 % (Paris), selon le premier rapport publié par le jeune Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, créé au sein de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema).

La performance est plus faible en milieu rural qu’urbain (75 % contre 79 %), précise ce « panorama des services et de leurs performances », basé sur des données de 2009(1).
La consommation moyenne d’eau est de 150 litres par jour et par habitant, soit 54,7 m3 par an. Avec 98 % de conformité microbiologique et 97 % de conformité physico-chimique, la qualité de l’eau est jugée « excellente ».

Un siècle et demi pour renouveler les réseaux – La loi Grenelle du 12 juillet 2010 impose la réalisation d’inventaires détaillés des réseaux de distribution avant fin 2013 et l’élaboration de plans d’actions en 2014, en vue d’atteindre un rendement de 85 %.
« La réduction des fuites correspond (…) à un impératif économique et environnemental », soulignent les auteurs du rapport. Sur les cinq dernières années, le taux de renouvellement moyen des réseaux est estimé à 0,61 % pour l’eau potable et à 0,71 % pour l’assainissement (400 000 km de tuyaux).
A ce rythme, leur remplacement intégral prendrait respectivement 160 et 150 ans.

« L’indice de connaissance et de gestion patrimoniales montre que des progrès restent à faire », observe sobrement l’Observatoire : il s’établit à 57 points sur 100 pour les services d’eau potable et à 56 pour ceux d’assainissement collectif.
La connaissance du patrimoine est pourtant « une condition essentielle de la gestion durable des services », énonce René Lalement, directeur de la connaissance et de l’information de l’Onema.
L’indice augmente avec la taille du service, en lien avec les ressources humaines et financières.

Poids croissant de l’assainissement – Le prix moyen du m3 est de 3,62 euros (1,55 euro pour l’eau potable ; 1,54 euro pour l’assainissement et 0,53 euro HT/m3 pour la TVA et les redevances aux agences de l’eau et à Voies navigables de France).
Là encore, les écarts sont élevés, avec une fourchette variant de 1 à 7 euros, selon Odile Gauthier. « La part de l’assainissement est croissante, les services ayant investi une cinquantaine de milliards d’euros depuis 10 ans pour respecter la directive sur les eaux résiduaires urbaines de 1991 », poursuit la directrice de l’eau et de la biodiversité.

Les données de l’Observatoire ne permettent pas encore de comparer les services de profil comparable selon leur mode de gestion, directe ou déléguée. Pour René Lalement, ce paramètre paraît néanmoins peu discriminant au regard des trois critères majeurs de différentiation des services :

  • densité de population,
  • importance des volumes d’eau importés d’autres territoires
  • et part de l’eau souterraine (de meilleure qualité que l’eau superficielle) dans les volumes produits.

Trop-plein de services – Qu’ils soient gérés en régie ou fassent l’objet d’une délégation de service public, les 31 445 services publics (14 217 d’eau et 17 228 d’assainissement) présentent un émiettement singulier au sein de l’Union européenne (la Grande-Bretagne, par exemple, n’en compte qu’une vingtaine).

« Il y aura des réformes à faire, présage Daniel Marcovitch, vice-président du Conseil national de l’eau et conseiller de Paris. Il faudra opérer des groupements pour être plus performant en termes d’organisation, d’ingénierie, de collecte de fonds et pour réaliser des économies d’échelle. »
Un mouvement déjà amorcé dans le cadre de la réforme des collectivités, note la représentante du gouvernement. « Ce regroupement ira de pair avec la montée en compétences », conclut Odile Gauthier.

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Commentaires

3  |  réagir

19/03/2012 11h56 - ALIMAS

(09A464A02). @ Calculateur 16/03/2012, 14h56. Je vous invite à aller voir l’article Forum de l’eau. L’eau est le problème … et la solution. [http://www.marianne2.fr/L-eau-est-le-probleme-et-la-solution_a216455.html]. (18D082).

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16/03/2012 02h56 - Calculateur

Belle démarche citoyenne cher Alimas.

Néanmoins vous êtes vous interrogé sur les chiffres 850 000 km * 0,61 % font 5 185 km de canalisations sachant qu’en moyenne quel que soit le diamètre et le site de pose un mètre linéaire de canalisation coûte 50 € par mètre c’est ainsi 259 millions d’euros qui ont été investi dans les réseaux d’eau potable annuellement .
La durée de vie de ces canalisations étant en moyenne de 50 ans ; il faudrait 750 millions d’euros d’investissement annuel pour arriver à effectuer ce renouvellement.
Etes-vous prêt à provisionner cette somme sur votre facture d’eau potable ?

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15/03/2012 06h24 - ALIMAS

(09A464A01). EAU ET ASSAINISSEMENT = EAU POTABLE. Vous avez là un bel exemple de gâchis d’un produit de consommation dont la plupart d’entre nous, ignorons en tout ou partie la valeur symbolique, écologique et politique :

VALEUR SYMBOLIQUE : 1/3 des habitants de notre planète n’ont pas accès à l’eau (pas d’eau directement chez eux … !), soit plus de 2 Milliards d’individus.
VALEUR ÉCOLOGIQUE : 1/3 des habitants de notre planète n’ont pas accès à l’eau potable (pas d’assainissement des eaux polluées … !), soit plus de 2 Milliards d’individus.
VALEUR ÉCONOMIQUE : Le 1/3 restant «est racketté» par des distributeurs publics ou privés, plus enclin à facturer exagérément le M3 d’eau traité (assainie), que de la qualité des réseaux de distribution. C’est d’ailleurs ce qui leur permet de justifier le prix de vente : Plus ils traitent de M3 d’eau et plus le M3 distribué est cher !

Dans notre copropriété, nous faisons la chasse aux fuites d’eau en payant contractuellement et annuellement, une prime à l’économie, à la société distributrice, devant s’assurer de la détection et de la réparation des fuites, aux arrivées d’eau dans les appartements (tous les robinets sont visités chaque année et réparés gratuitement par la société, si besoin).

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