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Conditions de travail – Des agents territoriaux mal dans leur peau

Publié le 27/02/2012 • Par Gaëlle Ginibrière • dans : Dossiers Emploi

La Mutuelle nationale territoriale a commandité une étude qualitative sur l’état d’esprit des fonctionnaires qui confirme les résultats de l’enquête quantitative que nous venons de conduire. Les résultats, dévoilé par la Gazette dans son numéro du 27 février 2012 sont formels : les agents ont le blues.

Responsable du service urbanisme dans une commune de 8 000 habitants, Isabelle s’apprête à prendre un nouveau poste au conseil général voisin. « Je n’ai pas de perspective d’évolution dans cette commune et ma rémunération est faible compte tenu de mes responsabilités et de mon implication. Par ailleurs, si le maire et le directeur général des services sont de bons connaisseurs des dossiers, leurs compétences managériales sont quasi inexistantes, ce qui rend l’ambiance de travail parfois pénible », regrette-t-elle.

Ce témoignage résume quelques-uns des constats d’une étude menée pour le compte de l’Observatoire social territoriale de la Mutuelle nationale territoriale, intitulée « Dans la peau des agents territoriaux » et rendue publique début mars. Un diagnostic posé après de longs entretiens qualitatifs auprès de 45 fonctionnaires territoriaux.

Divergences avec les élus – Premier constat : les références aux politiques locales sont faibles et le regard porté sur les élus ambivalent, parfois négatif mais toujours déterminant. Ces derniers sont jugés peu présents ou à l’inverse, trop interventionnistes. Technicien de voirie dans une commune de 23 000 habitants, Christian, venu du privé, déplore des décisions souvent éloignées de la réalité du terrain.

Directrice de crèche pour le conseil général du Val-de-Marne, Claire Delmas, à l’inverse, est en harmonie avec la politique petite enfance de sa collectivité… et épanouie professionnellement : « Le projet d’établissement est validé par l’administration et les élus, ce qui me conforte dans mon travail. Si cette politique ne correspondait plus à mes attentes, je partirais dans une autre collectivité. »

Loin des références institutionnelles, les territoriaux interrogés dans l’étude font du service public de proximité, du service à la personne, le sens principal de leur mission, à un degré d’intensité qui a surpris les auteurs de l’étude.
Ingénieur territorial au service de la voirie de Douai (Nord), Jean-Etienne Régniez partage ce sentiment : « J’apprécie de travailler avec des élus proches des préoccupations des gens et dont l’intérêt n’est pas mercantile mais tourné vers le service public. En revanche, un certain malaise peut naître si de mauvaises relations s’installent avec les élus, notamment lorsque la politique municipale est incomprise. »

Les auteurs de l’étude constatent justement que la divergence entre agents et décideurs ne permet pas l’émergence d’une dynamique collective et fragilise la légitimité des agents. Au même titre d’ailleurs que le statut et la sécurité de l’emploi, un identifiant fort des agents, mais dont ils ont perdu le sens, ramené à un simple avantage économique et social.

Hiérarchie pesante – La paralysie managériale est aussi pointée du doigt. Une réalité quotidienne pour Eric, employé des espaces verts, qui déplore la multiplication des strates hiérarchiques et la lourdeur administrative qui en résulte.
« La structure tend à paralyser le fonctionnement. Le système managérial n’est pas suffisamment en situation de jouer son rôle », peut-on lire dans l’étude. En cause ? Une hypercentralisation et un manque de lisibilité des décisions ou encore un déficit d’autorité et de reconnaissance.

Le système de primes, souvent peu transparent et sans lien avec l’implication et la qualité de travail des agents, est particulièrement vécu comme injuste. Vice-président de l’Association des ingénieurs territoriaux de France et animateur de la commission « carrière », Arnaud Bonnin le reconnaît : les primes ne peuvent pas constituer le seul outil de management. Le cadre intermédiaire est de fait dépourvu d’instrument permettant de sanctionner positivement ou négativement ses équipes. Son seul levier est alors celui de la reconnaissance interpersonnelle.

Directeur de médiathèque et président de l’Association des bibliothécaires de France, Pascal Wagner se reconnaît dans ce constat : « En trente ans de territoriale, j’ai été à la fois managé et manager. Comme managé, j’ai souvent travaillé avec des chefs excellents et d’autres avec qui j’ai eu plus ou moins de points de crispation. En tant que manager, il me faut trouver un équilibre entre le respect des règles que j’ai mises en place et une certaine souplesse. Les collectivités ont été touchées par la mode du management, sans que cela ait réellement porté ses fruits. J’ai moi-même suivi des stages, mais quand je rentre dans mon service, je me pose les mêmes questions. »

Rémunération peu motivante – Rémunération et progression de carrière font également grincer des dents. A cet égard, le malaise est particulièrement criant auprès des agents de catégorie C, à l’équilibre économique fragile. Une situation qui ne favorise pas leur motivation professionnelle.
« Ayant choisi une petite collectivité, je travaille 42 à 43 heures par semaine, sans compter une disponibilité permanente pour imprévus. Mais au regard de leur rémunération, peu d’agents sont prêts à s’investir autant, notamment dans les jeunes générations », témoigne Thierry Aldebert, directeur des services techniques de Cournonterral (Hérault). Le constat de l’étude sur ce point est sans appel : « L’ascenseur social est en panne. »

Autres enseignements

Un jugement mitigé sur les syndicats

Les syndicats sont perçus par les agents comme trop peu présents dans les petites et moyennes collectivités où ils sont généralement considérés comme proches des élus. Dans les grandes collectivités, ils sont néanmoins l’objet d’un discours ambivalent : ils sont volontiers sollicités en cas de problème personnel et pourtant vus comme une force freinant les évolutions.

4 niveaux de responsabilités

(élus, direction générale, management intermédiaire et agents de base) ont été constatés, ainsi qu’une mauvaise articulation entre eux. Conséquence : les projets ne sont pas partagés et les objectifs ne sont pas fixés de façon claire.

La décentralisation méconnue

Même si les auteurs de l’étude de la Mutuelle nationale territoriale, « Dans la peau des agents », pressentaient que le discours institutionnel sur la décentralisation n’était plus mobilisateur, le constat est allé au-delà de leurs intuitions. La notion de territoire est absente des propos des agents interrogés et la question de la décentralisation peu abordée. Méconnue, celle-ci est surtout réduite à la vision très négative du transfert des missions, associé à une baisse des crédits et à un surcroît de charges de travail.

« Une prime en fonction du service aux habitants »

Philippe Guibert, sociologue et coauteur de l’étude commanditée par la Mutuelle nationale territoriale

Nous avons présenté les résultats de l’étude aux Entretiens territoriaux de Strasbourg, où je redoutais que les managers se sentent mis en accusation. Or, s’il existe des nuances, le diagnostic semble partagé, ce qui permet d’envisager des pistes d’amélioration.
Celles-ci pourraient s’orienter autour de deux points centraux. Les directeurs généraux et les élus doivent retravailler leur discours sur la décentralisation et le territoire en se réappropriant la notion de service public de proximité, qui apparaît au cœur du métier des agents territoriaux, même pour ceux qui travaillent dans les bureaux.
Par ailleurs, il faut donner aux managers intermédiaires la capacité d’articuler leurs objectifs avec une plus grande justice entre les agents. Plutôt que de prime au mérite, une part de prime en fonction de la qualité du service rendu aux habitants pourrait être intéressante.
Lorsque des personnes interviewées nous expliquaient pourquoi le management fonctionnait bien dans leur collectivité, c’est ce type de système qui avait été mis en place. Aujourd’hui, l’étude va être diffusée et nous envisageons avec les dirigeants de la Mutuelle nationale territoriale de faire des présentations régionales pour sensibiliser et susciter la réflexion au sein des collectivités.

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Commentaires

Conditions de travail – Des agents territoriaux mal dans leur peau

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tom06

06/12/2017 10h36

bonjour, votre article m’a super bien informé, je vous remercie, mettait le a jour bsx

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