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Cet article fait partie du dossier Le logement : un enjeu primordial vite oublié |
INTERVIEW
© PHOVOIR
Sommaire du dossier
Alors que l’Assemblée nationale discute, à compter du 21 février, de la proposition de loi visant à augmenter les droits à construire de 30 %, la Gazette a interviewé Vincent Renard, directeur de recherches au CNRS et conseiller à l’Institut du développement durable et des relations internationales. Ce spécialiste du logement revient sur les conséquences de ce texte, et analyse les faiblesses des politiques du logement. Il dénonce notamment les carences des stratégies des maires sur la planification et l’habitat.
Une politique active est menée sur ce sujet, on y investit beaucoup d’argent, mais elle est trop segmentée et trop peu évaluée. Chaque action – sur les aides à la pierre, sur la défiscalisation immobilière… – a sa propre légitimité, mais il n’y a pas assez de coordination entre toutes. De plus on lance des dispositifs, sans aller jusqu’au bout et sans évaluer leurs effets – par exemple le PTZ + stoppé dans l’ancien au bout de quelques mois sans réelle évaluation.
Il y a un vrai problème d’instabilité des dispositifs : le ministère des Finances ne les considère que comme des dépenses, alors qu’au final ils rapportent des fonds publics en TVA, taxes,…
La territorialisation des aides au logement a représenté une avancée en la matière, mais elle reste partielle. Le plus grave est l’absence de réelle territorialisation de la politique d’ensemble du logement. On a bien fait des zonages pour l’application du dispositif de défiscalisation Scellier et le PTZ, mais ils sont contestés et contestables, et de plus instables.
Il y a beaucoup de logements Scellier construits là où n’on en avait pas besoin, et cela est notamment le résultat de la carence de stratégies globales des maires sur la planification de l’habitat. Depuis 1980 on parle de faire remonter la politique du logement au niveau de l’agglo. Mais il y a de vraies résistances.
La loi Grenelle 2 a échoué à faire passer l’élaboration du plan local d’urbanisme au niveau intercommunal. Je pense qu’il faut un niveau supra-communal avec une vision globale sur l’habitat et les politiques foncières. Et je ne parle pas de niveau intercommunal, mais plutôt d’agglomération.
Cette proposition est étonnante ; cette mesure ne fera que renchérir les prix du foncier. Albin Chalandon l’a fait en 1970, cela a eu des effets désastreux sur le paysage et cela a été stoppé au bout d’un an. Les exemples étrangers, comme l’Espagne en 2004, ont aussi été des échecs. Elle tendra aussi, comme on l’a déjà vu, à renforcer les comportements de rétention. Et puis 30% par rapport à quoi ?
Il faut réinstaller une culture de la planification à grande échelle, et cesser de la voir comme un obstacle. Les plans locaux de l’urbanisme souffrent de leur trop grande instabilité. Ils doivent être transférés au niveau de l’agglomération, moins soumis aux pressions, de même que le permis de construire et le droit de préemption. Avant la décentralisation de l’urbanisme, il y avait un rapport de force entre le maire et la DDE qui empêchait les excès.
Les politiques foncières ne font sens que si l’on tient l’ensemble de la chaîne – des aspects fiscaux jusqu’à la planification et sa stabilisation. L’impôt doit être basé sur la valeur vénale des terrains. Aujourd’hui, quand un terrain est classé constructible, il est classé comme une friche par l’administration fiscale, et n’est donc quasiment pas taxé. Il faut changer le mécanisme. Cela ne rapportera peut-être pas des milliards, mais cela aura un effet incitatif sur les propriétaires qui font de la rétention foncière.
Les cessions de terrains de l’Etat sont déjà en cours depuis des années, mais elles sont compliquées. Il faut les intensifier, notamment avec Réseau ferré de France, ou le ministère de la Défense. Mais les « bijoux de famille » ont déjà été cédés. Quant à la gratuité de ces cessions, proposée par François Hollande, elle se discute, car certains propriétaires institutionnels sont très endettés.
Enfin là où il y a des interventions publiques fortes, notamment autour des futures gares du Grand Paris, il faudra un dispositif particulier permettant de fixer des prix de référence et donc d’éviter la spéculation immobilière, comme la zone d’aménagement différé.
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Roger Bazile
21/02/2012, 08h50M. Renard "pense qu’il faut un niveau supra-communal avec une vision globale sur l’habitat et les politiques foncières (...) il ne parle pas de niveau intercommunal, mais plutôt d’agglomération". Et bien ça alors, les communautés urbaines sont déjà compétentes en matière d'élaboration des PLU, certaines communautés d'agglo s'en sont saisies. Et pour les autres? Il faut transférer à quel niveau? SCOT? Pas très clair !
ALIMAS
21/02/2012, 08h38(09A447A01). LES NOMBREUX CONSEILS EXÉCUTIFS ISOLENT LE VOULOIR, LE SAVOIR ET LE POUVOIR À CHAQUE ÉLECTION. Toute proposition et ou projet de construction de logements, initié(e) dans le cadre des compétences des Conseils exécutifs, ne devrait rencontrer, à priori, que des partenaires concernés et ou intéressés ! Certes, mais quels sont ces partenaires ? :
État (1).
Région (27).
Département (101).
Commune (36.785).
(CU) : Communauté Urbaine (16).
(CA) : Communauté d’Agglomération (191).
(CC) : Communauté de Commune (2406).
Territoire (?) à partir de 2014.
Il faudrait donc visiter, consulter, rassembler, etc. ... les données sur le terrain, pour planifier :
Les Besoins.
Les priorités.
Les Financements.
Le vœu pieux de vouloir planifier cet immense besoin, implique pour qu’il devienne réalité :
De savoir le faire, autrement dit des compétences et des décisions politiques durables.
De pouvoir le faire, autrement dit une indépendance des financements.
Autant d’exigences et de contraintes, incompatibles avec les changements politiques des Conseils exécutifs à chaque élection.
Expérience vécue à Argenteuil : La municipalité actuelle (de Gauche) a eu comme première décision de sa mandature, la modification du (PLU) et l’arrêt voire la suppression de programmes d’aménagement et de construction de logements, votés par la municipalité précédente (de Droite).
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