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Communication

Polémique autour du fil d’information lancé par la région Pays-de-la-Loire

Publié le 20/02/2012 • Par Frédéric Ville • dans : Régions

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La région des Pays de la Loire a lancé en janvier 2012 le ‘Fil des territoires’ où elle propose, sans s’afficher très visiblement, des contenus sur l’action publique à destination des collectivités et médias. Une démarche qui a fait vivement réagir les clubs de presse locaux qui tiennent à rappeler la différence entre information et communication.

 

Alertés par le lancement début janvier 2012 du site internet ‘Le fil des territoires’, les clubs de la presse de Nantes Atlantique et du Maine (Sarthe, Mayenne et Orne) sont montés au créneau contre ce que la région Pays de la Loire appelle « un service de diffusion d’informations sur l’action publique » proposant « des contenus aux collectivités territoriales ainsi qu’aux médias (presse écrite, TV, radio) des Pays de la Loire, libres de les exploiter et de s’en inspirer dans leurs propres productions (journaux, sites web…), selon leur ligne éditoriale et en toute indépendance ».

« Ne pas mélanger information et communication » - La région n’aurait-elle pas le droit de communiquer ? « Si bien sûr, assure Yanne Boloh, présidente du Club de la presse du Maine, mais il ne faut pas mélanger information et communication. Le ‘Fil des territoires’ ne peut pas affirmer sur son site employer des journalistes (ndlr : cinq personnes réparties sur chacun des cinq départements de la région) : c’est en effet le fait qu’un support détienne un numéro de commission paritaire qui fait les journalistes et non l’inverse . Il y a une confusion grandissante entre journalisme professionnel, citoyen et communication. Nous nous devions de réagir, quand on sait que la France compte dix fois plus de communicants que de journalistes ».
La région avance bel et bien masquée, puisque les articles ne sont pas estampillés comme provenant d’elle. C’est seulement si on cherche bien qu’en cliquant dans un coin, on trouve l’initiateur du site.

Valoriser l’action de la région - Au conseil régional, le directeur de la communication, Marc Farré, replace le site dans le contexte : l’objectif du président (PS) Jacques Auxiette était de « faire reconnaître le fait régional et l’implication de la région, souvent parmi les premiers intervenants dans les projets régionaux ».
La région ne pouvait se satisfaire d’un taux si bas de participation aux élections régionales , ni non plus « de l’abandon de l’actualité régionale dans la presse, comme pour Presse Océan ou France 3, remarque Marc Farré. Ouest-France ne traite que des gros projets régionaux, mais pas de la vie de la région. Certes, vendre la région n’est pas très sexy et les rédactions font des choix éditoriaux que je respecte ».

C’est à partir de ce constat qu’a été lancé un appel d’offres auquel n’ont répondu que trois entreprises, après une vingtaine de retraits de dossiers. Localement, API (Atlantique Presse Information), basée à Nantes, n’a pas répondu : « Le ‘Fil des territoires’ est un outil de communication, en dépit des apparences qu’il se donne, et nous sommes un éditeur de presse et une agence de presse », tranche le directeur, Dominique Luneau.

C’est l’agence de communication Rue Prémion (Rezé), spécialisée dans la presse d’entreprise et de collectivité, qui a été retenue. Le travail du moment, c’est l’alimentation du site et « il est trop tôt pour dire s’il y a effectivement reprise des contenus du ‘Fil des territoires’ , observe Marc Farré. Mais l’agence a aussi pour mission de faciliter la reprise en communiquant auprès des supports ». Dominique Luneau est, lui, catégorique : « Nous ne l’utilisons pas ».

Les autres collectivités observent - La réaction des deux clubs de la presse a produit son effet, puisque les termes ‘journalistes’ et ‘rédacteur en chef’ ont disparu au profit de ‘rédacteurs’ et ‘responsable éditorial’.
Marc Farré annonce que le logo de la région figurera bientôt sur la page d’accueil. Mais la notion d’information est restée : « C’est de la communication, mais aussi de l’information », maintient Marc Farré.

Et l’avenir ? Une évaluation sera faite en juin 2012 avec d’éventuelles réorientations. En janvier 2013, il sera décidé de poursuivre ou non.
Pour l’instant, aucune autre région n’a lancé à ce jour un ‘Fil des territoires’, mais « nos homologues nous observent, note Marc Farré, ainsi que les agglomérations importantes, qui interviennent quotidiennement pour la population sans que cela se sache. Rennes Métropole s’interroge ainsi sur l’opportunité de mettre à disposition des communes de l’agglomération l’équivalent de ce que nous mettons à disposition des collectivités ».
L’Union des clubs de la presse de France et francophones veille justement au grain.

Question budget, les 800 à 1 000 articles qui seront publiés devraient coûter 19 000 €, avec un investissement de départ de 20 000 €.
Une telle initiative était-elle une priorité en ces temps de disette budgétaire, alors même que la région communique déjà via le magazine régional et son site internet ? « Il ne s’agit pas ici d’un support grand public », observe Marc Farré. Mais l’objectif est bien une reprise d’information en direction du grand public.
Marc Farré note toutefois que « le budget de communication de la région a baissé entre 2005 (5,7 M €) et 2012 (5,5 M €) ». Reste à savoir si le ‘Fil des territoires’ suscitera l’enthousiasme escompté …

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Mots-clés

Thèmes abordés Information - communication - événementiel

Régions Pays-de-la-Loire

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Du plus récent / Du plus ancien

  1. 1. Provost Pierre-Jacques 24/02/2012, 18h29

    Dans son commentaire, ce journaliste anonyme a raison sur bien des points, sauf un : opposer information et communication n'est pas illusoire. C'est difficile, mais quand on peut le faire il faut agir.
    Notre action (je fais partie du club de la presse du Maine) a d'ailleurs été utile puisque les termes "rédacteur en chef" et "journaliste" n'apparaissent plus et que le logo de la Région est maintenant sur chaque page du site.

  2. 2. YS UDB 27/02/2012, 14h52

    Une piste de reflexion : en Région Bretagne, la PQR et les autres médias abordent largement l'action du Conseil Régional, y compris dans leurs pages sport.
    les raisons en sont multiples. les liens interpersonnels et les stratégies humaines en sont une. mais au delà, le sentiment d'appartenance à La Bretagne est réel, dans la population comme dans la presse.
    Le sentiment d'appartenance à la pédélie d'anger jusqu'aux marais bretons est-il aussi fort ?
    Je doute qu'une quelconque stratégie de com, aussi inventive soit elle, puisse palier ce handicap structurel. Le débat régional en 44, quoiqu'on en pense, c'est la réunification de la Bretagne.

  3. 3. Journaliste 21/02/2012, 11h28

    Bonjour,

    Malgré la qualité de cet article et les questions fort légitimes que ce cas de figure présente, il me semble que vous oubliez de précisez quelques détails importants :

    1) Il suffit d'avoir un seul journaliste encarté pour que le média obtienne un numéro de la Commission paritaire : beaucoup de journalistes ne sont donc pas encartés, contrairement au mythe populaire.

    2) Tous les magazines édités par des collectivités mentionnent un rédacteur en chef : ce n'est pas l'apanage des titres de presse.

    3) Beaucoup de médias se limitent eux-mêmes dans leur mission d'information afin de préserver leur relation avec leurs propriétaires ou annonceurs... et beaucoup mélangent eux-même information et communication avec le publi-rédactionnel.

    4) Beaucoup de contenus d'information se limitent à reprendre des communiqués de presse, c'est-à-dire des textes de communication.

    5) Beaucoup de journalistes indépendants, encartés ou non, travaillent régulièrement pour des services de com

    D'autre part, vous dites "C’est seulement si on cherche bien qu’en cliquant dans un coin, on trouve l’initiateur du site." Le slogan en-dessous le logo est "l'action régionale en PDLL", et le "qui sommes-nous" n'est pas un seul petit item de menu en bas comme sur la plupart des sites, mais un cadre qui prend une place non négligeable dans la colonne de droite. Tout internaute averti peut donc comprendre qu'il s'agit d'un service édité par la région en moins de 30 secondes. D'autant que ce service s'adresse à des professionnels qui doivent normalement rechercher ce type d'information. Une conférence de presse a de plus été organisée pour le lancement, et il ne me semble pas qu'on puisse dire que la Région avance masquée.

    Enfin, il est à noter que les critiques les plus virulentes proviennent du Club de la presse de Nantes et de son président Antony Torzec. Journaliste pour Radio Fidélité et correspondant de Radio Vatican, M. Torzec ne défend certainement aucune chapelle dans son exercice du journalisme, indépendant de toute influence... Vous ne précisez d'ailleurs pas que d'autres Clubs de la presse de la région ont été sollicités et n'ont pas souhaité s'associer à cette critique.

    Opposer information et communication me semble être illusoire tant les deux se mêlent et sont bien souvent indissociables. La question est plus de pouvoir identifier quelle est la part de chaque champ dans un média, reconnu ou non. Afficher l'identité du ou des financeurs est donc une vraie question qu'il s'agit de se poser pour tous les médias, à commencer par les plus connus : Le Monde, TF1, RMC...

    Cordialement.

    Un journaliste encarté qui pense que le Fil des territoires n'est pas un bon site d'info... mais pas le diable non plus !

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