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NUCLÉAIRE

Sûreté nucléaire : les risques d’agressions et de vieillissement sont mal évalués selon un rapport de Greenpeace

Les installations nucléaires françaises sont plus vulnérables aux risques d'agressions internes et externes que ce qu'avancent les rapports officiels sur leur sûreté commandés par le gouvernement après Fukushima, affirme une contre-expertise de Greenpeace publiée lundi 20 février 2012.

Ces rapports d’évaluation officiels « constituent un bon point de départ mais il y a beaucoup de lacunes », a indiqué à l’AFP l’un des deux auteurs du document, l’expert américain Arjun Makhijani, président de l’Institut pour l’énergie et la recherche environnementale (IEER).

La contre-expertise, co-signée par le Français Yves Marignac, directeur de l’agence d’information et d’études sur l’énergie WISE, a décrypté les rapports officiels d’EDF, Areva et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur le parc nucléaire français.

« Les réacteurs les plus récents sont plus vulnérables à des accidents comme Fukushima, donc à des agressions internes parce qu’ils étaient prévus pour améliorer leur résistance aux agressions externes », a souligné M. Makhijani.

Les différences de conception des réacteurs selon leur puissance, avec une double paroi pour ceux de 1 300 et 1 450 MW et une simple paroi avec une peau métallique sur la surface intérieure pour ceux de 900 MW, posent problème, selon les experts.
Si la double paroi permet de mieux résister aux agressions externes, l’absence de peau métallique intérieure sur les réacteurs « est susceptible de les rendre plus vulnérables aux agressions internes comme une explosion d’hydrogène », indiquent-ils en regrettant qu’EDF n’ait « pas examiné les conséquences » de cela « en termes de robustesse ».

Etat théorique des installations à la mi-2011 - Par ailleurs, la contre-expertise critique le fait que les évaluations soient « basées sur un état théorique des installations à la mi-2011 et ne prennent pas en compte le vieillissement qui augmente le risque de défaillance des dispositifs de sûreté et celui de rupture » d’équipements primordiaux comme la cuve et l’enceinte des réacteurs.

Le document déplore également que les évaluations officielles n’aient « pas abordé la possibilité de recourir à des matériaux alternatifs » en particulier pour le zirconium, matériau qui entre dans la composition des gaines de combustibles.
« Le zirconium, rappellent les experts, joue un rôle central dans les accidents de fusion et la production d’hydrogène (provoquant des explosions) comme à Three Mile Island (1979) et Fukushima ».

Autre grief de la contre-expertise : « EDF écarte systématiquement toute hypothèse d’aggravation des scénarios d’accidents par les agressions induites par le déroulement même de l’accident ».
Les experts recommandent ainsi de compléter les évaluations par des analyses des conséquences potentielles d’explosion d’hydrogène en cas de fusion du coeur du réacteur, de rupture totale d’alimentation en électricité ou de brusque vidange de la piscine de refroidissement.

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