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Corinne Lepage : « L’environnement, c’est la solution »

Publié le 16/02/2012 • Mis à jour le 19/03/2012 • Par Laurence Madoui • dans : France

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L’ancienne ministre de l’Environnement (1995-97), eurodéputée (depuis 2009), fondatrice et présidente de CAP 21 (depuis 1996) et candidate à l'élection présidentielle 2012 expose les grandes lignes d’un programme qui fait de l’environnement le moteur de la croissance. L’avocate spécialisée, qui revendique trente-cinq ans d’action au service de l’environnement, prône en effet une « troisième révolution industrielle ».

 

Contrairement à 2007, l’environnement n’apparaît, jusqu’à présent, que comme un thème mineur de la campagne présidentielle. A quoi est dû ce désintérêt ?

Il est très lié à la prise de position du président Nicolas Sarkozy, selon laquelle « l’environnement, ça commence à bien faire » (1). Les médias français étant très liés au chef de l’Etat, ils n’évoquent plus l’environnement. Du coup, les gens se disent que, si l’on n’en parle pas, c’est qu’il n’y a pas de problème. Or, le changement climatique est là, les problèmes de santé liés à la mauvaise qualité de l’environnement aussi. Les grands partis politiques ont choisi d’oublier le sujet et pratiquent la politique de l’autruche. Or, nos problèmes économiques et financiers ne seront pas résolus en faisant l’impasse sur l’écologie. Au contraire, l’environnement est la solution : il est au cœur de la troisième révolution industrielle (2), centrée sur l’efficacité énergétique et les productions locales, créatrice d’emplois et porteuse de filières d’excellence.

Quelles suites donner au Grenelle ?

Il est indispensable d’en pérenniser la méthode, les groupes de travail devraient être permanents pour assurer un suivi réel. Le processus a commencé à patiner après le vote de la loi Grenelle 1, à l’été 2009 ; il est totalement en panne depuis le départ du gouvernement de Jean-Louis Borloo, à l’automne 2010. Aujourd’hui, il conviendrait de bien identifier les ressources budgétaires disponibles pour sérier dans le temps les priorités du Grenelle.

Selon certains parlementaires UMP, comme Gilles Carrez (3) ou Eric Doligé (4), le Grenelle devrait passer au second plan …

C’est le point de vue de messieurs du XXe siècle – dont je doute qu’ils sachent ce qu’est une externalité environnementale. Leur vision est purement comptable. Cette approche est certes indispensable par les temps qui courent mais un Etat a aussi pour mission de préparer l’avenir. Il ne s’agit pas seulement de faire des comptes mais aussi d’avoir une vision stratégique.

Le Grenelle ne débouchera sur rien de solide tant qu’on l’on n’aura pas abandonné le nucléaire, dont je prône la réduction programmée et responsable sur vingt à trente ans (5). Le Grenelle était biaisé dès le départ : dès lors que l’on ne touche pas au nucléaire, on ne va pas sérieusement développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Ces dernières sont les fondements de la troisième révolution industrielle que vous annoncez.

Mon projet présidentiel est en effet centré sur cette révolution, à la jonction des énergies renouvelables et de l’Internet de l’énergie, qui permet une gestion intelligente des réseaux. Plusieurs communes, comme Foussemagne (Territoire de Belfort, 1 000 hab.), Montdidier (Somme, 6 500 hab.), Rezé (Loire-Atlantique, 37 300 hab.) sont déjà sur une trajectoire les menant vers l’autonomie énergétique. Lambesc (Bouches-du-Rhône, 9 000 hab.) expérimente un réseau intelligent, qui permet de moduler la consommation d’électricité en fonction de la production. Les références françaises existent, ces propositions ne nécessitent pas de technologies de rupture. L’objectif est de généraliser le mouvement, source d’activité économique et de gain sur le fonctionnement des bâtiments.

Cela va de pair avec une nouvelle conception de la ville, où se développent les bâtiments peu consommateurs voire producteurs d’énergie : ces derniers peuvent alors, avec l’appui des réseaux intelligents, alimenter des flottes de véhicules électriques. En Allemagne, un million de logements sont ainsi devenus des centres de production d’électricité à partir du photovoltaïque, du petit éolien et, à la marge, de la géothermie.

La continuation du programme nucléaire est incompatible avec un tel projet, fondé sur la production décentralisée d’énergie, génératrice d’emploi et de retombées économiques, encore renforcées en cas d’actionnariat local. Ce modèle fonctionne sur une base beaucoup plus coopérative et moins centralisée et hiérarchique que celui aujourd’hui en vigueur.

On ne parle pas encore de bâtiments à énergie positive dans la campagne, mais beaucoup de logement. Quelles sont vos propositions en la matière ?

Avec d’importantes disparités selon les villes, on constate globalement une importante hausse du coût du foncier et des difficultés croissantes d’installation des jeunes, notamment en zones touristiques. En milieu rural, je propose un dispositif inspiré de la loi Malraux, qui inciterait fiscalement les propriétaires à rénover les bâtiments anciens à l’abandon ; ces biens, rendus énergétiquement performants, seraient affectés au logement social pendant dix ans. La rénovation du patrimoine des bourgs et villages engendrerait de l’activité économique, attirerait de nouveaux habitants, tout en évitant de miter l’espace par la création de lotissements.

En ville, le chantier porte sur la reconquête des friches industrielles et urbaines, dont le coût de dépollution est dissuasif pour le logement social. Il faudrait remettre au goût du jour l’idée d’Edgar Pisani (6) de récupération, par la collectivité, des plus-values foncières générées par les travaux d’infrastructures qu’elle a réalisés. Dans le cas présent, un retour vers la collectivité de la plus-value permise par l’assainissement des terrains contaminés en permettrait le financement.

La santé occupe d’ores et déjà une place de choix dans le débat électoral. C’est aussi un thème de prédilection des écologistes. Quelles idées défendez-vous dans ce domaine ?

Il y a une très grande inégalité dans l’accès aux soins selon les territoires. Pour contrer la formation de déserts médicaux, résultant de la fermeture des petits hôpitaux, je propose que des centres médico-sociaux, conçus un peu sur le modèle des points d’information et médiation multi-services (Pimms), maillent le territoire de façon à ce que tout habitant soit desservi à une quinzaine de kilomètres de chez lui. Ces centres effectueraient un accueil d’urgence – désengorgeant ainsi les urgences hospitalières -, un premier diagnostic et des premiers soins et orienteraient les patients, grâce à la télémédecine ; ils assureraient également une « halte-Alzheimer », avec garde temporaire des patients sous surveillance médicale.

Au-delà de l’offre de services de santé, il est impératif de développer une politique de prévention car il y a urgence sanitaire. On assiste à l’explosion épidémique de certaines pathologies. Un Français sur six est atteint de maladie de longue durée. Chaque année, se déclarent 350 000 nouveaux cas de cancer. Un enfant sur cent naît avec des problèmes d’autisme. De plus en plus de maladies de la dégénérescence sont corrélées avec l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Le travail de prévention, qui passe par la qualité de l’air, de l’eau, des sols, de l’alimentation, est indispensable à la qualité de vie comme à la maîtrise des finances de la Sécurité sociale.

La qualité de l’alimentation mène tout droit à l’agriculture : que proposez-vous dans ce secteur ?

Un tournant vers une agriculture à haute productivité environnementale, c’est-à-dire où les terres sont à haut rendement et sans intrants. Il s’agit là d’une agriculture sophistiquée, reposant sur une recherche agrobiologique très poussée. Et créatrice d’emploi car, en se dispensant de produits phytosanitaires, on recourt à plus de main d’œuvre. Cette activité est à développer, d’autant que l’avenir est à la substitution du pétrole qui, en chimie, s’opérera au profit du végétal. L’agriculture va donc aussi produire pour des usages industriels, par exemple de l’amidon ou de la lignocellulose, ce qui lui assurera un revenu de complément. La réforme de la politique agricole commune, qui s’appliquera en 2014, devrait introduire des règles ambitieuses d’éco-conditionnalité : au regard de ces critères, ce type d’agriculture décrocherait énormément de subventions.

Rappelons que, comme pour l’énergie, les lieux de production doivent être proches des lieux de consommation : il faut donc des terres près des villes, pour organiser des circuits courts.

Agriculture de proximité, énergie locale. Et la décentralisation politique ?

Depuis 1981, il n’y pas eu de réflexion en profondeur sur les rapports entre l’Etat et les collectivités locales. Il faut absolument repenser l’organisation administrative sous la troisième révolution industrielle. Je suis pour une France beaucoup plus décentralisée, sachant qu’il faudra prendre le temps de poser les termes du débat : quelles responsabilités veut-on voir assumer par l’Etat et les collectivités ? ; quel est le niveau d’intervention le plus opportun et le moins coûteux ? ; comment les nouvelles technologies de l’information et de la communication peuvent-elles contribuer à l’allègement des procédures et des coûts ? ; comment penser des projets en commun et faire participer directement les citoyens, qui sont aussi contribuables et, éventuellement, paient les erreurs de leurs dirigeants ? La réflexion se basera sur un audit qui éclairera sur le coût du fonctionnement des différents échelons. Certes, l’empilement des structures est coûteux et il peut y avoir ici ou là des dépenses somptuaires. Mais que le chef de l’Etat fustige les collectivités me semble excessif, compte tenu de l’ampleur de la tâche qui leur a été déléguée.

Le regroupement intercommunal est une nécessité en termes d’efficacité économique. Toutefois, le bulldozer passé sur les collectivités depuis les lois Chevènement a conduit à un mille-feuille très coûteux, pas toujours cohérent et qui a totalement dépouillé la commune de sa compétence. L’autonomie communale a été réduite à une portion plus que congrue sans que l’objectif d’économie ait forcément été atteint. Or, les Français sont très attachés à leur lieu de vie, la commune et son premier magistrat font encore sens. En ces temps d’inquiétude, les citoyens connaissent leur maire et lui témoignent leur confiance.

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  1. 1. fpt Aujoud'hui, 08h18

    Est ce que la France entière est informée du fait que le point d'indice n'ayant pas été relevé depuis bientôt 10 ans provoque des salaires hors primes en dessous du smic! L'état emploi donc du personnel en le rémunérant illégalement car aucune entreprise n'est autorisé à le faire... nos retraites sont donc calculé pour une partie de notre vie en tout cas pour des salaires de misères. Un agent de maitrise hors prime au smic en usine ils ont un salaire de à minima 300 € plus élevé que le notre! alors que parfois notre tâches est tout aussi pénible (heure supplémentaire non payés, risque d'agression, travail parfois dehors peu importe le temps avec le port de charge lourde, les cancers dû à l'amiante isolant des bâtiments vétustes car pas d'argent pour les remplacer..
    La preuve de plus en plus d'agent quitte le public pour le privé afin d'avoir de quoi subvenir à leur famille car même les fonctionnaires ont besoin d'un toit et de manger (pas de primes de panier ni de tickets resto ou de voiture de fonction...)

  2. 2. Laurent Aujoud'hui, 07h52

    Bonjour,

    Et bien scandaleux. Les économie sont fait sur les petits agents. Si l'Etat souhaite des économie, il faudra qu'il les face la ou elles sont. C'est à dire dans les hauts fonctionnaires qui gagne très biien leur vie et qui ne sont pas touché directement par le pourvoir d'achat en berne. Faire sauter l'ENA et compagnie et disolution d'une élite de bourgeois méprisant de la population. La il y a beaucoup d'économie à faire en supprimant les incompétents qui tire profit de leurs lignes budgétaire.
    Moi je réclame 50 % d'augmentation sur mon salaire car bientôt je vais travailler mais vivre dans la rue. Voilà messieurs les vrais bonnes solutions.

  3. 3. Brisavoine 01/10/2014, 21h02

    Ces élus sont décidément lamentables !

    Pour en finir avec cette caste d'élus locaux, signez la pétition pour sauver la Métropole du Grand Paris : http://www.petitions24.net/sauvons_la_metropole_du_grand_paris

  4. 4. Révolutionnaire 01/10/2014, 16h56

    Il faut faire des efforts ....on entend que cela mais nos élus ne sont pas prêts à en faire pour eux. Toujours autant de Sénateurs inutiles, de nombreux députés biens payés et absents de l'assemblée, des conseillers généraux ? que font-ils ceux-là ?Des conseillers régionaux ?....mais tout cela a un coût et avant de demander encore aux autres de se serrer la ceinture il faudrait montrer l'exemple et être des sénateurs , députés etc... ordinaires et un salaire ordinaire entre 2500 et 3000 euros serait largement suffisant pour le temps de présence.la fronde monte et je vous assure que lorsque l'étincelle va démarrer il n'est pas dit que le feu soit circonscrit % d’augmentation sur les timbres, 2 cts par litre sur le gasoil etc...point d'indice gelé, augmentation des transports , EDF, GDF etc...La baisse des dotation et la mise en place des régions et métroples va avoir un effet pervers avec la diminution des agents territoriaux, de l'état et de l'hospitalière mais quand la gamelle est vide le 15 mois c'est dangereux: un vieux proverbe paysan dit ceci: quand il n'y a plus de foin à l'étable, les ânes se battent. A méditer.

  5. 5. TansonHenri 01/10/2014, 12h30

    Cette baisse des dotations semble inéluctable. Nous devons donc nous préparer à des années difficiles. Pour les citoyens, pour les entreprises, pour l'emploi, etc...
    Et nous ne pouvons rien faire d'autre que de dire que nous ne sommes pas contents, pas d'accord. Mais qui nous demande notre avis. Et puisque l'Etat dit qu'il n'y a plus de sous, que pouvons nous faire? Essayer de comprendre pourquoi l'état nous dit cela? Et imaginer d'autres explications, d'autres solutions? Zut. Là, il faut faire de la politique et remettre en cause pas mal de choses. Mais qui est prêt à le faire?
    Qui dira que nous sommes gouvernés par des gens qui ne semblent pas mettre en avant l'intérêt des Français dans ses décisions. Qui obéit aux directives de Bruxelles sans se poser de questions. Qui accepte cette idée que la dette contractée auprès des banques privées doit être remboursée, maintenant, alors que d'autres pays, et pas des moindres, ont largement dépassé notre niveau d'endettement sans s'inquiéter! Qui essaye de nous persuader que notre travail est trop cher et que nous devons acçepter des sacrifices. Qui oublie de dire que notre travail n'est cher que par rapport aux coûts de main d'œuvre des pays sans protection sociale, les Chinois, les Bulgares, les Roumains. Etc...
    Il faut se poser les bonnes questions, essayer de comprendre et agir.
    Mais là, nous acceptons, résignés, de nous faire tondre, comme si il n'y avait pas de solution... Il y en a pourtant. J'en suis convaincu. Et pacifique en plus!

  6. 6. parisienne 01/10/2014, 11h43

    Il aura donc fallu la diffusions d'une émission consacrée à la protection de l'enfance et à ses dérives pour qu'enfin, les conseils généraux s'en soucient enfin ! Et pour faire quoi ?
    Ah oui, un guide pour l'autodiagnostic…c'est vrai que c'est diablement efficace…

  7. 7. Yann 01/10/2014, 09h02

    Transition énergétique en façade et destruction de la nature par les forces armées de l'Etat de l'autre...
    Et les médias dominants, en n'informant pas des violences policières qui ont lieu actuellement contre les oppsants au barrage sont complices!

  8. 8. bazane 30/09/2014, 14h34

    Pour les besoins de sa démonstration JC Mailly inverse la relation de causalité : c'est parce que l'économie des petites villes périclite et que leur population diminue, notamment en raison de la densification urbaine dans les grandes agglomérations, que les services publics de proximité ferment, et non l'inverse.
    Quant à "sauver le service public" : M. Mailly a un égo hypertrophié pour le moins.

  9. 9. sylvie 30/09/2014, 12h43

    Nous confirmons ici notre profond mécontentement quant à la « cannibalisation » des plages de Juan les Pins par ces « paillotes » du bord de mer. En effet, des appartements, nous ne voyons que des toits disgracieux au lieu du sable. Des restaurants du boulevard, impossible d’y voir un grain. Pour la promenade à pied, aucune vue non plus, vue sur les toits avec le gras des friteuses et avec les odeurs de cuisine en plus.

    De plus, de nombreuses plages privées nous empêchent de profiter de la mer, ne respectant pas la loi sur la protection du littoral qui date de 2006 !

    Nous tenons à signaler que contrairement aux dires de ces "plagistes financiers aux grosses Mercedes", la majorité des Antibois sont pour l’application de cette loi. En effet, de nombreux habitants ne vont plus à la mer faute de place durant l’été, voir quittent la ville pendant deux mois, faute de plage disponible gratuitement. D’autres déménagent définitivement devant ce littoral détruit et massacré.

    Aussi, nous espérons que personne reviendra sur cette loi, afin que Juan les Pins retrouve une part de civilité urbaine.

    Rendre les plages à ses habitants nous paraît juste.

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